Chapitre 3.
Point de vue de Lena Brunège.
Qui je suis ? Quelqu'un qui a tout perdu y compris sa fierté et son corps, qui n'a absolument rien à perdre. Une brune à frange comme on voit partout, les cheveux très fins et lisses comme des baguettes de tambours, mince, très mince. D'anciennes belles longues jambes, qui sont toujours aussi longues mais abimées à présent. Des bleus sur mes cuisses frêles que je cache sous un bon vieux slim quand je ne vais pas « travailler », si on peut appeler ca un boulot. Vous savez ces filles sur les boulevards parisiens la nuit, celles qui traînent des heures en attendant que quelqu'un d'assez dégoutant vienne demander leurs services. Tout ca pendant que les touristes jouent les aveuglent comme si de rien était en visitant le Trocadéro ou les Champs. Et bien oui, je suis « ca », je suis l'une d'entre elles. Mais je n'ai pas toujours été ca, j'ai cru connaître le bonheur, j'ai cru monter très haut mais à croire que le bonheur n'est pas fait pour moi. Je suis tombé pus bas qu'en bas par la suite.
Alors je travaille et j'ai ma drogue, j'aurais du l'écouter, lui, quand je le pouvais encore, il avait raison, il avait toujours raison sur tout de toute manière.
Ce soir on nous emmène loin des boulevards. Ce soir on va jouer les groupies, on ne nous a pas dit qui nous allions rejoindre, espérons juste que ce ne sera pas du style Elton John, encore heureux qu'il soit gay celui-là ! J'ai toujours une appréhension quand on nous emmène dans les après-concerts, peur de leur tomber dessus, peur qu'ils et surtout « il » voie à quel point je suis tombée bien bas. Mais c'est de sa faute, il m'a abandonné, il n'a pas compris mais j'étais obligé de le faire, c'était mon ticket de sortie. Vous non plus vous ne devez pas comprendre et même rien comprendre de ce que je dis là, mais c'est normal on ne vous a encore rien raconté que je sache...
Complètement pétée à la vodka, j'entre dans la loge qu'on nous désigne avec les trois autres filles qu'ils ont pris avec moi. La pièce est plongée dans le noir complet quand on ouvre la porte, sans plus attendre je marche à tâtons, en cherchant un de ces gars, n'importe lequel, plus vite c'est fait plus vite c'est fini comme je me dis toujours. Ni une ni deux, je heurte un des hommes, un peu plus grand que moi, assez sec, même beaucoup. Je vais « droit au but », comme on dit dans le milieu, de toute façon ces obsédés n'attendent que ca.
Adrien : Non, non. Laisse-moi tranquille, vas t'amuser ailleurs.
Sa voix me laisse aphone, j'ai la bouche-bée... Cette voix, cette unique façon désinvolte de parler en détachant chaque syllabe, lui seul le fait si bien. Comment pourrait-ce ? Moi qui ai tant redouté ce moment, dites-moi que je rêve par pitié. Mais ce n'est peut être que mon c½ur toujours pas guérit qui me joue des tours, j'ai peut être mal entendu cette voix, mon Dieu. Soudain ma main est repoussée durement par la sienne et je reste plante là, dans le noir à quelques centimètres de lui, le souffle coupé. Je veux tellement en avoir le c½ur net, j'ai l'impression de vivre le rêve que je fais chaque soir depuis que je/il m'a abandonné, je n'ai jamais compris qi a abandonné l'autre en fait. Je plonge ma main dans ses cheveux pour être sur, ils osnt bouclés, mais pas totalement, les cheveux de mon BB.
En moins de deux secondes je me retrouve par terre, écroulée contre la table basse en verre que j'ai brisé dans ma chute.
Léna : Adrien !
La lumière se rallume, et je vois tous les regards se poser sur moi, le petit corps frêle mélangé aux bris de verre, je lève la tête avec honte et une douleur qui s'attarde dans le haut de mon estomac. Un sanglot sort de ma bouche à la vue de son visage. Pourquoi est-ce que c'est toi ? Je te déteste, je déteste déjà ce sentiment qui renaît en moi, comme la première fois il y a 4 ans.
BB Gossip
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